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Droit social


Organisations syndicales

L’utilisation de la messagerie électronique de l’entreprise à des fins syndicales

La chambre sociale de la Cour de cassation vient de considérer que l’utilisation de la messagerie électronique de l’entreprise par un délégué syndical, sans respecter les termes de l’accord d’entreprise sur l’exercice du droit syndical, est constitutif d’une faute disciplinaire.



Cass. Soc. n°06-40.514 22 janvier 2008

Paru dans la JTIT n°74/2008 p.9




L’usage syndical d’une messagerie électronique ne peut être interdit

Le Tribunal administratif de Besançon a annulé une sanction disciplinaire prononcée par un maire à l’encontre d’un agent qui a utilisé la messagerie électronique de la commune pour envoyer des messages syndicaux. Il a invité par mél d’autres agents municipaux à participer à une cérémonie d’inauguration au cours de laquelle étaient prévues la lecture d’un tract syndical critiquant la politique menée notamment dans les domaines éducatifs et sociaux. Le Maire a estimé qu’il avait manqué à ses obligations professionnelles, en ne respectant pas l’interdiction d’utiliser la messagerie à des fins personnelles ou syndicales et lui a infligé un blâme qui a été contesté devant le tribunal administratif. Pour annuler la sanction, le tribunal rappelle dans un premier temps que le droit syndical constitue « une liberté fondamentale » et qu’une Charte peut fixer des limites mais pas interdire toute utilisation à des fins syndicales. Le Tribunal, a procédé à l’analyse du tract ce qui signifie que tout n’est pas permis. Il relève que le tract ne contenait « aucune expression injurieuse ou diffamatoire », que la diffusion du message « n’a eu aucune incidence perturbatrice ou dommageable sur le fonctionnement des services publics de la ville » et que le contenu du message « n’était pas susceptible de porter atteinte à l’intégrité ou à la sensibilité d’un autre internaute ou à l’image de la ville ». Il est donc recommandé de fixer clairement les règles du jeu de l’utilisation syndicale des outils informatiques dans le cadre d’un accord avec les syndicats en présence.


TA Besançon, 1ère ch., 19 décembre 2006



Exercice du droit syndical sur internet

Un syndicat, comme tout citoyen, a toute latitude pour créer un site internet pour l'exercice de son droit d'expression directe et collective. Aucune obligation de discrétion ou de confidentialité ne pèse sur les membres d'un syndicat à l'instar de celle pesant, en vertu de l'article L432-7 du code du travail, sur les membres du comité d'entreprise. Dans cette affaire, était en cause le site internet d'une organisation syndicale de branche dénommée "http://cgt.secodip.free.fr./" sur lequel figuraient neuf rubriques sous le titre général "CGT SECODIP".

Le syndicat diffusait, via ce site, un certain nombre d'informations et de documents relatifs à l'entreprise, notamment un tract syndical contenant des informations sur l'évolution des salaires, le chiffre d'affaires des panels et la profitabilité des créations publicitaires, un rapport sur la rentabilité de l'entreprise, divers documents sur sa politique salariale et le texte intégral de l'accord d'entreprise relatif au travail de nuit et du protocole d'accord sur la réduction du temps de travail.

La société TNS SECODIP a assigné la Fédération CGT afin d'obtenir la suppression d'informations figurant sur le site internet. Le Tribunal de grande instance de Bobigny s'était positionné en faveur d'une limitation de la diffusion d'informations à l'extérieur de l'entreprise et ordonné la suppression de quatre rubriques du site sous astreinte. La Cour n'a pas suivi cette position.


CA Paris 18ème Ch. C. 15 juin 2006



Intranet


L'utilisation de l'intranet par les organisations spéciales ne peut se faire sans un accord avec l'entreprise.


Les textes utiles

Cour de cassation, chambre civile, 25 janvier 2005
Art. L.412-8 du Code du Travail

 

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