Energie photovoltaïque, avenir de l’autoroute intelligente ?

photovoltaïqueLe photovoltaïque via le Solar Freakin’ Roadways apparaît dans les projets de construction d’autoroutes intelligentes initiés aux Etats-Unis. Et si les autoroutes intelligentes étaient une alternative aux limites énergétiques mondiales ?

Soucieux d’atteindre l’objectif fixé par l’Union européenne (1), de nombreux pays européens (Pays-Bas, Italie et France en tête) se sont lancés dans des projets d’envergure consistant en la production massive d’énergie propre, locale et renouvelable transitant par le réseau autoroutier.

En France, la construction de ces autoroutes qualifiées par certains d’« autoroutes du soleil » – en ce qu’elles fonctionnent entièrement à l’énergie solaire – a notamment vu le jour par le biais d’une filiale du groupe Bouygues, l’entreprise de travaux publics Colas, en collaboration avec l’Institut national de l’énergie solaire (Ines).

Concrètement, la construction de ces autoroutes intelligentes d’un genre nouveau requiert un savoir-faire bien particulier, en ce que leur revêtement photovoltaïque – composé de panneaux solaires – doit faire face à des défis techniques de taille.

Ce revêtement particulièrement innovant ne nécessite pas systématiquement de reconstruire l’intégralité du réseau autoroutier, mais il doit néanmoins :

  • pouvoir s’interconnecter efficacement à des bornes ou des compteurs intelligents – parfois qualifiés de « smart grids » – localement implantés afin d’optimiser la production d’énergie qui sera redistribuée au réseau électrique général ;
  • résister au passage fréquent des véhicules de toutes sortes, notamment des poids lourds, et doit donc offrir des garanties solides contre l’usure des matériaux qui entrent dans sa composition [plusieurs couches ou strates pouvant être impliquées (verre, caoutchouc, silicone, béton, etc.)] ;
  • permettre une parfaite adhérence au sol et s’adapter aux changements importants de température, pour que l’objectif lié à la sécurité routière ne s’efface pas au détriment de l’objectif environnemental affirmé.

Il conviendra de protéger ces techniques innovantes par le dépôt de brevets et de réaliser des analyses d’impact sur les effets associés à ces technologies innovantes.

Disposés massivement sur les tronçons autoroutiers, cet équipement photovoltaïque alimentera en électricité tous les équipements autoroutiers (signalisation lumineuse, éclairage public, ventilation des tunnels, bornes téléphoniques d’urgence, stations de recharge de véhicules électriques, etc.), et pourront même alimenter à termes des quartiers entiers, pour une production électrique nationale annuelle de l’ordre de centaines de millions de gigawatts.

L’impact environnemental de ces autoroutes intelligentes productrices d’énergie photovoltaïque à grande échelle s’annonce particulièrement important, puisque le recours aux panneaux solaires contribuera à une réduction du rejet de centaines de milliers de tonnes de CO2 chaque année.

Plus largement, l’enjeu du développement de cette technologie émergente est considérable puisqu’il va se résumer, à terme, à l’autosuffisance énergétique des pays concernés, qui deviendront indépendants sur ce volet, aboutissant ainsi à la création d’un nouvel équilibre économique mondial.

Sur le plan économique, nul doute que ces autoroutes intelligentes à « énergie photovoltaïque » vont très vite devenir un investissement durable et rentable.

Lexing Alain Bensoussan Avocats
Thomas Boutan
Lexing Droit numérique

(1) Objectifs européens : une augmentation de 20 % de la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique d’ici 2020.




Smart grids, une nouvelle cible potentielle de cyberattaques

Smart grids, une nouvelle cible potentielle de cyberattaquesLes Smart grids sont des réseaux en pleine expansion, les risques associés relatifs à leur sécurité étant essentiels.

Pour rappel, les Smart grids sont des réseaux énergétiques, essentiellement électriques, intelligents. Ces réseaux sont dans la capacité d’échanger des informations et données très précises sur toute la chaîne de production. En France, l’exemple le plus connu est le compteur Linky d’ERDF.

Le principal risque lié à ces nouveaux réseaux, comme tout système d’information, est la sécurité des systèmes (1). Les Smart grids pourraient devenir la nouvelle cible des pirates informatiques. En effet, l’utilisation de Smart grids permet de pouvoir contrôler les appareils électroménagers et le chauffage. Il s’agit d’une nouvelle voie d’accès aux réseaux des particuliers mais aussi des entreprises. Cela multiplie donc les risques de perte de contrôle ou d’utilisation illégale.

Pour rappel, en 2010, le ver informatique Stuxnet, créé par la NSA pour s’attaquer aux centrifugeuses iraniennes d’enrichissement d’uranium, avait contaminé près de 45 000 systèmes d’information, ayant mené à la prise de contrôle d’automates industriels pour modifier les paramètres de fonctionnement d’installations industrielles en accélérant leur vitesse de rotation. Cette affaire est encore dans toutes les mémoires des industriels. En comparaison, un virus envahissant les réseaux des Smart grids pourrait être utilisé pour provoquer de vastes dégâts, pouvant éventuellement aller jusqu’à un blackout national. De même, la menace pourrait aussi partir des consommateurs essayant de détourner leur réseau intelligent pour modifier leurs tarifs ou leurrer le distributeur.

Pour cette raison, le succès de l’implantation d’un Smart grids passe nécessairement par une volonté des entreprises d’anticiper les risques majeurs liés à la protection de leur système d’information, dès sa conception et son déploiement en adoptant des bonnes pratiques (analyse de risques, liaison avec les autorités, mise en œuvre de systèmes de contrôles robustes avec des capacités de mise à jour, audits réguliers et transparents des systèmes). Les directions d’entreprises doivent prendre conscience des risques liés à ces implantations de réseaux, notamment au regard des données présentes sur leur système d’information, aussi bien des données à caractère personnel, que des données commerciales stratégiques confidentielles. Il conviendrait donc de confier la gestion des incidents à une équipe qualifiée, qui saura mieux protéger leurs données sensibles.

Lexing Alain Bensoussan Avocats
Lexing Droit Intelligence économique

(1) Voir le site de l’Anssi.

 




Technologies Big Data : quelle data-strategy pour l’entreprise ?

Technologies Big Data : quelle data-strategy pour l'entreprise ?La notion de « Big Data » est utilisée pour désigner un très gros volume de données structurée ou non. Les outils classiques de gestion de bases de données ne sont plus adaptés pour procéder à leur traitement et analyse. Les possibilités de collecte de données sont, en effet, devenues considérables : smartgrids, smartmeters, géolocalisation, transactions marchandes en ligne, réseaux sociaux, communications machine to machine.

Les entreprises ont rapidement cerné l’intérêt de la maîtrise des Big Data. La maîtrise de ces Big Data serait une révolution tant pour les entreprises que pour le service public :
– optimisation et fluidification des processus ;
– amélioration de la productivité ;
– meilleur prise de décision ;
– captation des tendances ;
– etc.

Il est d’ores et déjà admis que les premières qui atteindront cet objectif gagneront un avantage concurrentiel certain. Le traitement et l’analyse en temps réel des Big Data sont donc une promesse permettant de faire face à l’augmentation exponentielle du volume des données. Cependant, pour que la promesse devienne réalité, les entreprises doivent définir leur « data-strategy » et relever de nombreux défis…

Face à l’afflux de données, la donnée est au cœur de la stratégie de l’entreprise. Les défis du Big Data pour l’entreprise sont de trois ordres : technique, économique et juridique.

Défi technique. Le défi le plus important porte sur la refonte intégrale des outils classiques de gestion de bases de données. Ces outils ne permettent, en effet, plus de traiter cette masse de données. Il faut donc repenser les bases de données traditionnelles et leurs langages. Les Big Data ne sont plus intégrés à l’intérieur de la base de données traditionnelle mais proviennent de l’extérieur. La base devient donc virtuelle. Par ailleurs, les outils sont alimentés en temps réels à l’aide de flux entrants. Si l’on assiste déjà à la naissance des outils de gestion des « Big Data », tels que Cassandra, Hadoop, GoogleFS, BigTable, Hive ou HBase, la révolution technologique n’en est qu’à ses débuts.

Défi économique. L’afflux de volume très important de données structurées ou non est susceptible de générer de nouveaux modèles économiques. Les entreprises devront également prendre en compte les coûts relatifs à l’équipement, la gestion et l’analyse des données, la formation des techniciens, etc.

Défi juridique. Enfin, le dernier défi porte sur les risques juridiques relatifs au respect de la vie privée que rencontreront les entreprises lors du traitement des données personnelles, et dont certaines seront considérées comme sensibles. Si les risques juridiques identifiés ne sont pas nouveaux, ils sont, en revanche, d’autant plus élevés que les données collectées et traitées sont importantes.




Smart grid : un marché à fort potentiel

L’expression « smart grids », qui procède de l’expression « power grid », équivaut, en français, au vocable « réseau intelligent ». Cette terminologie désigne un réseau de transmission et de distribution de l’électricité « intelligent », caractérisé par une production et un stockage décentralisé de l’énergie, des flux bi directionnels contrôlés par un réseau de communication global, multi services, fiable et sécurisé.
Les finalités de cette mutation technologique sont multiples :

  • renforcer la sécurité de fonctionnement du réseau par l’intégration notamment de la production décentralisée intermittente et aléatoire (énergie solaire, hydrolienne, éolienne) ;
  • favoriser l’adéquation entre l’offre des producteurs d’électricité et la demande des consommateurs ;
  • assurer un plus grande maîtrise de la consommation énergétique des particuliers ;
  • garantir aux entreprises le contrôle en temps réel de la charge distribuée ;
  • contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’expérimentation, initiée par le gestionnaire du réseau de distribution en France, ERDF, devrait permettre, à terme, de garantir la fiabilité du système et de chiffrer les coûts en vue du remplacement, d’ici 2017, des 35 millions de compteurs électriques en fonctionnement en France par des compteurs.

Le socle de la réglementation européenne afférente aux smart grids est constitué par la directive 2006/32/CE relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et services énergétiques du 5 avril 2006, que vient compléter la directive 2009/72CE, adoptée le 13 juillet 2009, concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité. Ce nouveau dispositif contraint notamment les Etats membres au respect d’un calendrier pour l’introduction des compteurs intelligents, ainsi qu’à l’application des normes appropriées et des bonnes pratiques.

Des normes sont en cours d’élaboration auprès de l’Organisation des Normes Européennes (CEN/CENELEC/ETSI), en réponse au mandat de la Commission Européenne, en vue de garantir l’interopérabilité et la sécurité des équipements produits (1). Il est à noter également le projet « Open Meter », auquel est associé la France, visant à établir des standards de communication favorisant l’émergence de services associés au déploiement des compteurs intelligents.

Enfin, il convient de prendre en compte le débat sur la protection des données pour assurer le développement des réseaux électriques intelligents. Les informations de consommation électrique étant des données à caractère personnel, la Cnil suit le développement des smart grids pour s’assurer que les informations concernant les usagers seront traitées dans le respect de la loi Informatique et Libertés.

Mandat CE M/441 du 1-3-2011




Réseaux électriques intelligents et Smart Grids

Les fondements réglementaires relatifs aux systèmes de compteur intelligent sont multiples. La première pierre des fondations du cadre réglementaire européen pour le déploiement des compteurs intelligents est constituée par la directive européenne relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et services énergétiques du 5 avril 2006. Le 3ème paquet Energie adopté le 13 juillet 2009 et notamment les directives gaz et électricité, seconde pierre des fondations, imposent aux Etats membres un calendrier pour l’introduction des systèmes de comptage intelligent. Pour l’électricité, 80% des consommateurs doivent être équipés de compteurs intelligents d’ici 2020.

Gazelec 2010, Article, Mars 2010