Interview M. Ragot

Interview


Mr RAGOT,
Directeur du système d’information de Bergère de France (*)

L’informatique doit avant tout être au service du business !

Que recouvre exactement la fonction de directeur informatique de Bergère de France ?

Elle ressemble davantage à la fonction de DSI d’une société de vente à distance et de B2B, qu’à celle d’une filature. Je suis un DSI de la distribution et du marketing avant d’être, en complément, un DSI industriel. Notre image de fabricant de laine est ambivalente au plan informatique, car notre gestion de production gère certes une filature moderne, mais les deux tiers de nos systèmes sont aujourd’hui au service du commercial, avec un important fichier marketing et des applications CRM. La principale caractéristique de notre système d’information est de s’intéresser d’abord à l’entité client pour ensuite servir le produit efficacement. Dès le premier contact avec la cliente, il est capable de vérifier d’emblée puis de mettre à jour en back office, l’identification au fichier (caractéristiques commerciales, gestion des adresses et doublons), puis de mettre en route les processus de vente et de services à la clientèle, couplés à de nombreuses offres promotionnelles. Il s’est étendu en fonctions et en moyens, il y a une dizaine d’années, lorsque nous avons diversifié notre canal clients en vendant notre laine à des professionnels B2B (revendeurs). Aujourd’hui, 30 % de notre chiffre d’affaires est réalisé avec eux contre 70 % en VPC.

Les nouvelles technologies ont-elles bouleversées votre activité ?

Notre passage à l’Internet a été facilité au plan fonctionnel par notre savoir-faire en terme de transaction et de saisie de commande par Minitel (en 1989, 5 % de nos commandes y transitaient). Fort de cette expérience, nous avons mis en route un système de prise de commande par Internet, relié à notre informatique institutionnelle, qui permet actuellement de réaliser 15 % de notre CA avec des pointes à 18 %. L’un de nos objectif est de développer encore plus la partie prise de commande par Internet tout en lui intégrant de plus en plus, les services du back office. Par exemple, en perfectionnant encore l’affichage de nos renseignements au service de la cliente, sur la traçabilité de sa commande ou encore des conseils tricots. Nous sommes également en train de perfectionner l’infocentre marketing sur Mainframe, afin de faciliter l’accès de notre base de données marketing aux commerciaux qui pourront ainsi faire plus aisément des analyses multidimensionnelles depuis leurs micros via des outils modernes d’extraction.

Quelles évolutions votre informatique va-t-elle connaître dans les deux ans à venir ?

Notre credo est de désynchroniser le plus possible les évolutions technologiques des évolutions fonctionnelles afin de ne pas perturber le business. Actuellement, nous avons une informatique à trois niveaux, le Mainframe (gros serveur central gérant les stocks, la base de données marketing et le front de vente VPC), des minis (ordinateurs dédiés et progicialisés pour la logistique, la comptabilité, la paye, etc.) et un réseau de micros et serveurs sous extranet. C’est une informatique « satellitaire » pour tout ce qui est diversification de processus et de canaux de vente qui conserve le noyau dur sur Mainframe pour la partie gestion de stock et facturation. Notre gestion satellitaire sur minis et micros se trouve fédérée autour du serveur central sur lequel se trouvent nos applicatifs majeurs développés et administrés sous atelier de génie logiciel normatif, générant aujourd’hui du Cobol. Néanmoins, pour éviter l’obsolescence et recentrer certains processus aujourd’hui parcellisés, nous visons pour les trois ans à venir, une reconversion partielle, graduelle et raisonnée d’un certain nombre de traitements, en technologie J2EE et architecture orientée services, tout en intégrant au quotidien, sans interférences de délais, les demandes d’évolution fonctionnelle des utilisateurs (par exemple, le développement des points relais de livraison).

(*) http://www.bergeredefrance.fr/

Interview réalisée par Isabelle Pottier, avocat.

Parue dans la JTIT n°53/2006 p.10