L’utilisation des chatbots dans la campagne présidentielle

chatbots dans la campagne présidentielleLe chatbot de Benoit Hamon illustre une nouvelle fois le rôle décisif des nouvelles technologies dans la campagne 2017

L’utilisation des chatbots dans la campagne présidentielle

Le chatbot de Benoit Hamon (1) illustre une nouvelle fois le rôle décisif des nouvelles technologies dans la campagne 2017.

L’utilisation des chatbots apparait comme une nouveauté en matière de campagne politique (1). Mais au-delà de cet aspect marketing, l’utilisation des chatbots dans une campagne électorale suscite des questionnements juridiques, particulièrement quant aux propos du chatbots (2).

Le chatbot politique : une technique inédite dans une campagne présidentielle

La campagne présidentielle 2017 aura été marquée par l’intérêt porté par les candidats à des technologies peu utilisées dans ce type de contexte, comme l’illustre parfaitement l’utilisation des hologrammes par M. Mélenchon.

Le chatbot fait partie de celles-là.

Dans le cadre des élections, plusieurs de ces agents conversationnels ont en effet été lancés à l’initiative :

  • de périodiques, avec par exemple Libération, le JDD, l’Obs (2) ;
  • d’entreprises, à l’instar du projet « politique.bot » lancé par la startup Vizir) ;
  • et plus récemment, par les candidats avec M. Hamon qui l’a annoncé par une publication Facebbok du 19 avril dernier.

 

Dans tous les cas, l’objectif poursuivi est le même : fournir des informations sur un ou plusieurs candidats en course et leur programme.

Or, c’est un rôle pour lequel le chatbot est particulièrement adapté. Les chatbots amènent en effet un côté interactif à une campagne. Ils permettent à des millions de personne d’obtenir le point de vue d’un candidat donné sur un point qui les intéresse.

Cela permet ainsi aux indécis de trancher, et aux abstentionnistes périodiques de découvrir un intérêt dans les élections. Or, ces deux catégories de personnes cumulées représentent une part non négligeable de la population.

En tout état de cause, l’intérêt des différents périodiques pour les chatbots pose la question de savoir si l’avenir du journalisme, tout du moins politique, ne passerait pas par l’utilisation des chatbots.

Le chatbot politique : la maîtrise des propos

Pour un candidat, utiliser un chatbot présente donc un réel intérêt : présenter son programme aux électeurs et ainsi convaincre. Pourtant, il soulève également quelques interrogations.

Les candidats ayant recours aux chatbots doivent à tout moment garder à l’esprit que le chatbot parle aux utilisateurs en leur nom.

Or, il est inenvisageable que le chatbot de Benoit Hamon notamment suive l’exemple du bot Tay de Microsoft (3) et profère des propos haineux. Les conséquences pourraient être particulièrement dommageables pour l’image du candidat.

De la même manière, on peut imaginer qu’un chatbot qui accuserait tel autre candidat d’un fait susceptible de nuire à son image puisse engager la responsabilité du candidat qu’il représente au titre de la diffamation.

Il convient donc pour les candidats d’accorder une vigilance toute particulière à ce nouvel outil de communication. Cependant, au vu des avantages qu’il représente, le chatbot semble être amené à se banaliser en matière de campagne électorale.

Marie Soulez
Thomas Noël
Lexing Contentieux Propriété intellectuelle

(1) Publication Facebook de Benoit Hamon du 19 avril 2017.
(2) Audrey Cerdan et Rémi Noyon, l’Obs lance son Chatbot : entrez dans la tête des indécis, http://tempsreel.nouvelobs.com/.
(3) Morgane Tual, A peine lancée, une intelligence artificielle de Microsoft dérape sur Twitter, http://www.lemonde.fr/.

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