Voitures volantes et autonomes : le monde de demain

voitures volantes et autonomes« Les voitures volantes et autonomes, ce n’est plus de la fiction, c’est le monde de demain », indique Alain Bensoussan au site d’information Atlantico.fr.

Si les voitures volantes et autonomes seront tout d’abord des produits de luxe, ayant un rôle positif sur l’environnement, elles seront aussi et avant tout au service du public. En effet, les services publics sont particulièrement intéressés par les véhicules autonomes pour des services de navettes vers les gares et les aéroports, voire des liaisons entre hôpitaux.

Les enjeux en termes de transport sont très importants. Le transport est voué à être partagé, connecté et autonome, il va devenir multimodal.

« La construction du monde de demain, c’est des voitures volantes et autonomes en mobilité partagée ».

Les voitures volantes et autonomes en phase d’expérimentation

La voiture volante désigne un véhicule hybride tenant à la fois de l’avion et de l’automobile. Ayant un double usage, elle peut être considérée comme un véhicule aéroterrestre. La réglementation applicable doit alors prendre en compte ces deux aspects.

Lorsque la voiture volante est en mode aéronef, elle doit répondre de la réglementation sur la circulation aérienne. Lorsque la voiture volante est en mode véhicule à moteur, elle doit répondre à celle relative à la circulation routière (1).

Sur les voitures autonomes, les routes sont au niveau trois et des expérimentations se développent.

L’infrastructure des télécoms jouera aussi une grande importance car il va falloir développer la 5G.

Pour les véhicules volants, c’est beaucoup plus facile car ce sera des lignes courtes qui seront balisées. Ce qui compte, c’est d’avoir des zones de décollage et d’atterrissage bien balisées ; grâce au système à décollage vertical des voitures volantes, l’environnement à sécuriser sera très limité.

Des expériences concrètes sont en passe de voir le jour.

Alain Bensoussan, « Les voitures volantes sont au coin de la rue et voilà ce qu’elles pourraient changer au quotidien », Atlantico 21-11-2020.

(1) « Droit des systèmes autonomes », Lexing Alain Bensoussan Avocats, paru chez Bruylant, Editions Larcier, collection Minilex, juillet 2019.




Voiture volante ou avion roulant : un objet non identifié ?

Voiture volanteLa voiture volante ne bénéficie pas encore d’une définition légale dans la réglementation française et européenne.

La voiture volante peut être déclinée selon plusieurs types :

  • véhicule volant autopiloté qui se rapproche du drone ;
  • véhicule aquatique volant qui se rapproche d’un bateau ;
  • véhicule volant à décollage vertical qui se rapproche d’un avion ;
  • véhicule hybride (espace aérien et espace routier) à décollage vertical ;
  • véhicule hybride (espace aérien et espace routier) à décollage horizontal.

Différents concepts de voiture volante

Ces différents types de véhicules sont communément appelés voitures volantes. La voiture volante désigne un véhicule hybride tenant à la fois de l’avion et de l’automobile. Le terme de voiture volante donne une prédominance à l’utilisation de l’espace routier par un véhicule hybride.

Si la voiture volante est d’abord considérée comme un véhicule terrestre pouvant voler, il sera possible d’utiliser le terme aéromobile. Aéromobile est un terme militaire qui signifie être capable de se libérer des dépendances du terrain par l’utilisation du transport aérien.

Voiture volante et PAV

La Nasa utilise depuis 2003 le terme « PAV, Personal air vehicle » que l’on peut traduire par véhicule aérien personnel (1). Selon la Nasa, le PAV doit posséder les caractéristiques suivantes :

  • pouvoir accueillir moins de 5 passagers ;
  • avoir une vitesse de croisière de 240 à 320 km/h ;
  • être silencieux ;
  • être confortable ;
  • être fiable ;
  • pouvoir être piloté par toute personne ayant un permis de conduire ;
  • être abordable pour un trajet en voiture ou en avion ;
  • avoir un système de vision synthétique ;
  • être économe en carburant (possibilité d’utiliser des carburants de remplacement) ;
  • avoir une autonomie de 1300 km ;
  • fournir des solutions de transport « porte-à-porte », par l’utilisation de petits aéroports qui sont plus à proximité des entreprises et des résidences que les grands aéroports.

Cette fois-ci, c’est l’utilisation de l’espace aérien qui est retenu pour qualifier le véhicule.

L’Union européenne reconnait le terme de PAV notamment par son projet myCopter (2) un PAV pensé dans un contexte de croissance du trafic dans les prochaines décennies.

Voiture volante ou véhicule aéroterrestre

La voiture volante désigne-t-elle une voiture volante ou un avion roulant ? La voiture volante est un véhicule polyvalent à double usage qui utilise :

  • soit l’espace aérien : la voiture volante est alors en mode avion et pourrait être qualifiée d’aéronef ;
  • soit l’espace routier : la voiture volante est alors en mode voiture et pourrait être qualifiée de véhicule à moteur.

Il convient donc de définir les termes de véhicule et d’aéronef.

L’article L.110-1 du Code de la route définit le terme de véhicule à moteur comme : « tout véhicule terrestre pourvu d’un moteur de propulsion, y compris les trolleybus, et circulant sur route par ses moyens propres, à l’exception des véhicules qui se déplacent sur rails ».

L’article L.6100-1 du Code des transports définit, quant à lui, le terme d’aéronef comme : « tout appareil capable de s’élever ou de circuler dans les airs ».

La voiture volante ayant un double usage, elle peut être considéré comme un véhicule aéroterrestre. Le terme aéroterrestre est un terme militaire qui désigne une formation militaire regroupant des membres de l’armée de terre et de l’armée de l’air opérant conjointement et placée sous un seul commandement.

L’appellation véhicule aéroterrestre permet de prendre en considération les deux usages de la voiture volante sans donner une prééminence à l’un ou l’autre des usages.

Voiture volante, ADAV ou ADAC

Certaines sociétés désirant utiliser la voiture volante comme un moyen de transport à la demande telle que la société Uber préfère le terme Adav ou Vtol en anglais.

L’Adav est un aéronef à décollage et atterrissage verticaux également appelé en anglais Vtol : vertical take-off and landing aircraft. L’Adav est un aéronef conçu pour s’affranchir des pistes qui lui sont normalement nécessaires pour le décollage et l’atterrissage. Cette technique permet au véhicule d’être utilisée avec une infrastructure réduite au sol.

Si le terme Vtol est préféré, le concept d’Adac est un aéronef à décollage et atterrissage court également appelé en anglais Stol : short take-off and landing aircraft. L’Adac est un aéronef à voilure fixe capable d’utiliser des pistes de longueur très limitée (inférieure à 200 mètres) pour le décollage et l’atterrissage.

La volonté des sociétés telles que Uber est d’envisager l’utilisation de Vtol et plus précisément eVtol dans un espace urbain. L’eVtol fait référence à un Vtol qui possède un moteur électrique.

Les moteurs électriques plus légers ont une efficacité des moteurs électriques ne dépend pas de leur taille, contrairement aux moteurs à combustion ou aux turbines. Il est donc possible d’utiliser plusieurs moteurs électriques afin d’alimenter par exemple des hélices disposées sur l’aéronef pour le propulser.

La voiture volante est un terme utilisé aujourd’hui pour décrire de nombreux véhicules qui ne se ressemblent pas. Entre voiture volante, PAV et VTOL, ces véhicules permettent d’envisager un nouveau mode de mobilité pouvant à la fois utiliser l’espace aérien comme l’espace routier.

Didier Gazagne
Audrey Jouhanet
Lexing Défense & Sécurité – Drones – Risques

(1) Nasa, rapport, « Aerodynamics for Revolutionary Air Vehicles », 2003.
(2) Site internet du projet MyCopter de l’Union européenne.




Taxi volant : un nouveau transport fluvial de passagers ?

Taxi volantLe taxi volant Sea Bubble pourrait devenir un nouveau transport fluvial de passagers à Paris. Lors du salon Vivatech, la Sea Bubble a effectué son premier test sur la Seine.

La technologie du taxi volant

Cette technologie s’inspire de l’Hydroptère, passé une certaine vitesse, ce bateau s’élève jusqu’à cinq mètres au-dessus de l’eau grâce à ses ailes immergées.

Les Sea Bubbles reprennent le même principe : quatre ailes implantées sur une coque arrondie pouvant accueillir jusqu’à 4 passagers. Ces capsules sont propulsées par un moteur et des batteries électriques (alimentées par panneaux solaires).

La stabilité des Sea Bubbles est assurée par 4 foils de grandes dérives. Ils sont chargés de maintenir la stabilité en évitant les remous provoqués par la navigation traditionnelle. Les 4 foils assurent la portance supplémentaire au niveau de leurs parties obliques, qui soulèvent la coque au-dessous de la surface.

Sea Bubble est envisagé comme un taxi 100% électrique accompagné d’une application mobile destinée à la réservation en ligne de Bubbles.

Contraintes réglementaires du transport fluvial de passagers

Le transport fluvial est un mode de transports de marchandise et de passagers qui utilise le réseau de canaux et de rivières navigables situés sur le territoire national.

La navigation fluviale de plaisance ou professionnelle est encadrée par le règlement général de police de la navigation intérieure (RGPNI).

Bien que Sea Bubble soit surnommée voiture volante ou taxi volant, elle devra respecter la réglementation fluviale pour pouvoir obtenir le statut de transport fluvial de passagers en France.

Règles de navigation à Paris

Si la Sea Bubble est envisagée dans un premier temps à Paris, elle devra respecter les règles de navigation de Paris.

La navigation dans Paris avec la Sea Bubble devra faire face à différents facteurs :

  • l’importance du trafic et la mixité des types de trafic (bateaux à passagers, commerce, plaisance…) ;
  • les fréquentes manœuvres d’accostage, d’appareillage et de demi-tour ;
  • les nombreux ponts et arches étroites ;
  • les périodes de crues.

La Direction territoriale du Bassin de la Seine précise que tous les bâtiments naviguant dans Paris doivent être équipés d’une installation de radiotéléphonie (VHF). Elle précise également que la veille sur le canal 10 est obligatoire.

Ces obligations s’appliqueront à la Sea Bubble.

Limitation de vitesse sur la Seine

La vitesse de la navigation est limitée au niveau des îles Saint-Louis et de la Cité à 6 km/h (Principales règles de navigation dans Paris).

Hors ces cas spécifiques, la vitesse maximale autorisée est de 18 km/heure, à condition que le bateau se trouve à plus de 20 m des rives et qu’il fasse moins de 20 tonnes de déplacement d’eau. Si non, elle est seulement de 12 km/heure.

A plus de 20 mètres des rives les Sea Bubbles pourront donc circuler au maximum à 18 km/h. A 18 km/h on parcourt 4,5 kilomètres en 15 minutes.

Il faut également ajouter que le dépassement ou trématage est interdit entre :

  • le pont de Bir-Hakeim et la passerelle Debilly,
  • la passerelle Leopold-Sedar-Senghor (ex passerelle Solférino) et le pont des Invalides,
  • le pont Neuf et le pont d’Austerlitz.

Une restriction de navigation est également appliquée en période de crue.

Le taxi volant Sea Bubble devra respecter ces limitations de vitesse pour pouvoir être utilisé sur la Seine.

Documents de bord obligatoires

Les documents de bord qui doivent être laissés à bord du taxi volant Sea Bubble sont notamment :

  • les documents permettant d’identifier le bâtiment si nécessaire (le certificat d’immatriculation, l’extrait d’inscription des droits réels…) ;
  • le titre de navigation ;
  • un exemplaire du règlement général de police.

Obligation du pilote du taxi volant

Le pilote du Sea Bubble devra détenir et maintenir à disposition des autorités, les documents de navigation suivants :

  • le permis plaisance en eaux intérieure (Permis S) ;
  • les attestations spéciales « passagers » ;
  • le certificat restreint de radio-téléphoniste (CRR) ;
  • un brevet de secourisme.

Le syndicat des transports d’Ile-de-France a lancé une étude sur le transport fluvial de passagers en Ile-de-France afin de trouver des solutions pour décongestionner les transports en surface.

La Sea Bubble en respectant les obligations liées à la réglementation des transports fluviaux de passagers pourrait devenir un nouveau moyen de transport, des taxis volants sur la Seine.

Des nouveaux tests du taxi volant Sea Bubble sont déjà prévus sur la Seine fin septembre 2017.

Didier Gazagne
Audrey Jouhanet
Lexing Défense & Sécurité – Drones – Risques




La voiture volante est-elle un mythe ou une réalité en 2017?

La voiture volante est-elle un mythe ou une réalité en 2017?Vous en avez assez des bouchons. Prenez votre voiture volante pour vous déplacer hors agglomération et en périurbain.

 La voiture volante n’est pas un véhicule classique et ne restera probablement pas un rêve anachronique. Le concept même de voiture volante était présent dès le début du 20e siècle.

Pour le cinéma ou dans la littérature, la voiture volante est déjà une réalité de fiction.

Depuis 2016, la voiture volante n’est pas qu’un concept.

La voitures volante en 2017

L’origine de la voiture volante remonte au moins aux années 1920, avec l’avion-automobile de René Tampier en 1921. Sur le plan technique, concevoir un véhicule roulant capable de voler est contradictoire. Un avion (aéronef) doit être léger et puissant pour permettre le décollage, une voiture est au contraire relativement lourde, afin d’offrir du confort et répondre aux exigences de sécurité.

Plusieurs prototypes représentent, dans un avenir très proche, ce que seront les voitures volantes.

Le premier obstacle au développement de la voiture-volante est la certification. Les démonstrateurs ou concepts de voiture volante sont nombreux :

  • l’Aeromobil 3.0, qui est capable de voler à 200 km/h et de parcourir 700 kilomètres. Elle est composée d’un moteur Rotex et d’ailes modulables en matériaux composite (1) ;
  • la Transition de TerraFugia : véhicule hybride entre la voiture et l’avion. Elle est composée d’ailes repliables, qui lui permettent de voler jusqu’à 160 kilomètres à l’heure. Une fois que les ailes sont repliées, le véhicule peut être utilisé sur une route (2) ;
  • le TF-X de Terrafugia, véhicule capable de décoller et d’atterrir à la verticale grâce à des propulseurs électriques, et entièrement contrôlés par un ordinateur (3) ;
  • la Pal V-One : davantage un hélicoptère capable de voler jusqu’à 4000 pieds d’altitude, permettant un décollage vertical dans un court rayon et pouvant rouler sur la route.

Uber réfléchit encore sur les opportunités, malgré son livre blanc sur le projet Elevate. La société néerlandaise Pal-V vient de lancer les précommandes de ses deux premiers modèles (le Liberty Pioneer et le Liberty Sport) (4).

Ces deux modèles ont été certifiés par l’EASA (European Aviation Safety Agency) pour l’Europe et la FAA (Federal Aviation Administration) pour les Etats-Unis. N’oublions pas le chinois, qui a dévoilé son concept mi drone mi voiture, EHANG 184. Ce futur objet volant taxi qui sera lancé à Dubai dès juillet 2017.

Le Pal-V Liberty sera capable de transporter deux passagers et 20kg de bagages. Les livraisons sont attendues pour la fin de l’année 2018.

Le cofondateur de Google, Larry Page, développe également un véhicule à décollage verticale, par le biais de son entreprise Zee.Aero.

Enfin, Airbus, via sa division Urban Air Mobility, a dévoilé récemment son concept Pop.UP. Pop.Up, connecté à une plateforme d’intelligence artificielle, devrait être capable de proposer un trajet et de l’optimiser en fonction de contraintes (météo, coût de déplacement). Par l’intermédiaire de sa filiale Vahana, Airbus a également conçu un avion-taxi, qui pourra être commandé à partir d’un smartphone.

Utilisation de l’espace aérien

Le second obstacle à la généralisation de la voiture-volante, lorsque les briques auront atteint une maturité technologique, reste la législation restrictive sur la circulation aérienne.

Pour pouvoir utiliser votre voiture volante, il sera nécessaire de vous conformer au Code de la route, lorsque la voiture-volante roulera sur l’espace public, et aux règles d’utilisation de l’espace aérien. A l’exception de quelques très rares exceptions, il est interdit de survoler la ville.

La voiture volante, plus onéreuse, ne sera pas nécessairement proposée à un prix plus compétitif qu’un petit avion. Avec l’automatisation de la production et si la réglementation n’est pas un obstacle, les coûts pourraient rapidement décroître.

L’utilisation d’une voiture volante soulève de nombreuses questions : infrastructures de circulation, homologation et qualification nécessaires, survol des zones habitées.

Les conditions d’insertion dans l’espace aérien de tels objets volants est un vrai défi, à côté des drones et des autres aéronefs.

Les voitures volantes représentent une avancée dans l’évolution du transport de personnes. Elles répondent à un vrai besoin :

  • pour faire face à l’explosion du trafic de la circulation inter-villes, en constante augmentation ;
  • pour répondre aux besoins de transport en co sharing, afin de réduire les gaz à effet de serre.

Les industriels des filières du drone civil les plus avancées se heurtent déjà à de nombreux obstacles réglementaires en matière de livraison d’objets. Airbus semble considérer qu’un délai de dix ans sera nécessair pourque la voiture-volante soit parfaitement intégrée dans l’espace aérien et sur l’espace routier. Sauf pour la voiture-volante, conçue comme un aérodyne à voilure tournante, le développement de la voiture-volante pourrait également impliquer la création de nouvelles infrastructures parfaitement adaptées pour ce type d’objet roulant et volant.

Didier Gazagne
Audrey Jouhanet
Lexing Droit Sécurité & Défense

(1) AeroMobil 3.0
(2) Transition de Terrafugia
(3) TF-X de Terrafugia
(4) Liberty Pioneer et Liberty Sport de PAL-V