Agriculture intelligente : l’ère des robots agricoles

Agriculture intelligente : l’ère des robots agricolesDes robots dans les champs : une vision qui a vocation à se banaliser, un autre exemple de l’agriculture intelligente.

De la science-fiction à la réalité

Les robots ont longtemps nourri l’imaginaire commun, que ce soit au travers de la littérature ou encore du cinéma. Cet imaginaire n’est pas sans impact sur le monde réel. L’exemple le plus marquant est l’apport de l’écrivain Isaac Asimov. Celui-ci a mis au point les lois de la robotique au sein d’une œuvre où les robots occupent une place centrale :

  • Loi 0 : Un robot ne peut pas porter atteinte à l’humanité, ni, par son inaction, permettre que l’humanité soit exposée au danger.
  • Loi 1 : Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
  • Loi 2 : Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la Première Loi.
  • Loi 3 : Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Ces lois servent de références, notamment dans le cadre de l’élaboration du futur cadre européen pour la robotique (1). L’élaboration d’un cadre juridique apparaît nécessaire, le développement de la robotique étant en plein essor. En témoigne l’actualité, qui regorge d’exemples de robots mis au point pour faciliter la vie de l’être humain sur le plan personnel ou professionnel.

Dans ce contexte, le secteur agricole apparaît comme un terrain propice à l’introduction de robots agricoles. L’agriculture intelligente est déjà en marche.

Agriculture intelligente : le développement des robots agricoles

Dans le secteur agricole, les objectifs de la robotique sont multiples : un robot agricole va assister l’exploitant dans l’exercice de son activité professionnelle en :

  • réduisant sa charge de travail, lui permettant ainsi de se concentrer sur la gestion de son exploitation agricole ;
  • le remplaçant dans l’exécution de tâches répétitives, pénibles, dangereuses ou encore nécessitant un degré de précision hors de portée d’un être humain.

Le développement de robots agricoles semble se concentrer sur les secteurs suivants :

  • l’élevage (tâches liées à la surveillance des troupeaux, à la distribution et au contrôle de l’alimentation) ;
  • la production laitière (tâches liées à la traite) ;
  • la culture du sol (tâches liées au labourage, désherbage, traitement).

Les robots agricoles peuvent fonctionner de manière autonome, sans surveillance, ou être guidés par l’utilisateur à l’aide d’une commande sans fil. En voici quelques exemples :

  • le robot de désherbage Oz conçu par la société Naïo Technologies pour aider l’agriculteur à désherber et à biner ses cultures ; il peut travailler sur 48 rangées de 100 mètres en 4 heures ;
  • le robot Effi-bot, issu du projet Baudet-Rob, mis au point dans le cadre d’un consortium entre la société Effidence, l’Institut Pascal et l’IRSTEA pour transporter du matériel ou des produits en suivant automatiquement l’exploitant (2) ;
  • le robot Shrimp, robot berger conçu par un laboratoire australien spécialisé en robots agricoles (3) pour surveiller, compter et diriger des troupeaux de 20 à 150 têtes. Il s’agit encore d’un projet expérimental dont l’objectif est de remédier aux difficultés des exploitants australiens face au manque de main d’œuvre et à la taille des exploitations.

L’utilisation d’un robot agricole présente ainsi plusieurs avantages : gain de temps et de productivité, réduction de la pénibilité au travail et de l’exposition aux produits nocifs, travail de précision. Autant de raisons d’investir dans l’agriculture intelligente.

Quelques conseils pour se préparer à l’arrivée des robots agricoles

L’acquisition d’un robot agricole est un lourd investissement.

A titre d’exemple, le robot Oz est vendu aux alentours de 20 000 euros. Un tel investissement nécessite de procéder par étapes :

1. Définir ses besoins en robots agricoles.

2. Procéder à un benchmark sur le marché.

3. Obtenir un test du robot agricole en conditions réelles ; il convient notamment de s’assurer que le robot peut être utilisé au regard de la couverture du réseau mobile /internet disponible au niveau de l’exploitation.

4. S’agissant des conditions générales de vente du fabricant : être attentif sur les aspects suivants :
– prise en charge de l’acheminement du robot agricole ;
– mise en service et formation à l’utilisation du robot agricole ;
– garantie : durée de la garantie, périmètre des prestations de maintenance ; à cet égard, un contrat de tierce maintenance évolutive peut être proposé en option s’agissant des mises à jours logicielles ;
– responsabilité du fabricant ainsi que sur la formation à l’utilisation du robot agricole proposée ; dans certains cas.

5. Prévoir un lieu de stockage adapté et sécurisé.

6. Penser à informer son assureur pour adapter, le cas échéant, sa police d’assurance de responsabilité professionnelle.

Jean-François Forgeron
Jennifer Knight
Lexing Informatique et Droit

(1) Alain Bensoussan, Post du 15-5-2015 ; Isabelle Pottier, Post du 21-10-2016.
(2) Irstea, Article sur la Robotique agricole.
(3) Australian Centre for Field Robotics (ACFR).

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