Animaux augmentés : objets juridiques non identifiés

Animaux augmentés : objets juridiques non identifiésLes droits des animaux augmentés sont d’ores et déjà au cœur des questions éthiques et juridiques de notre siècle.

Quelles perspectives juridiques pour les animaux augmentés ? Cette question remue la sphère scientifique depuis la publication d’un article sur la création de souris augmentées dans le « Journal of Neuroscience ».

Les manipulations réalisées par les chercheurs de l’université de Rochester à New York ont permis aux cellules gliales du rongeur (les cellules qui forment l’environnement des neurones) d’être remplacées par des cellules d’origine humaine. Les expériences en laboratoire ont ensuite prouvé que les capacités cognitives et de mémoire de ces souris étaient quatre fois plus puissantes.

Ces expérimentations ne permettent pour l’instant aux cellules humaines que d’améliorer les capacités de l’animal. Toutefois, il est légitime de s’interroger sur l’avenir de ces pratiques en pleine expansion : l’humanisation des animaux aboutira-t-elle à ce qu’ils développent des capacités supplémentaires qui pourraient être perçues comme spécifiquement humaines ?

A l’heure de l’adoption encore récente du texte de loi reconnaissant tout juste aux animaux la qualité « d’êtres vivants doués de sensibilité », les droits des animaux augmentés sont d’ores et déjà au cœur des questions éthiques et juridiques de notre siècle.

Toute la difficulté reposera dans l’établissement d’une frontière entre amélioration des capacités de l’animal et humanisation de ce dernier : comportements typiquement humains, intelligence, réflexion, conscience de soi … les critères d’établissement de cette frontière promettent de donner lieu à de vifs débats. C’est cette frontière qui devra permettre à l’animal augmenté de s’émanciper de son statut juridique de « meuble » au bénéfice de celui de « sujet de droit ».

S’additionne à cette délicate problématique celle du sort qui sera réservé aux animaux dont les capacités auront été considérablement augmentées sans pour autant atteindre cette frontière avec l’humanité : pourront-ils toujours relever du régime juridique des animaux tel qu’entendu aujourd’hui ?

Au rythme du progrès scientifique, la question des droits de ces animaux se posera dans un futur proche. Ces problématiques sont donc à anticiper, avant que la science ne rejoigne la fiction…

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