Archive Interview JTIT 21/2003

Interview
François Maréchal

Directeur délégué à la Présidence du Groupe MPG France

Crise ou pas : l’audit des sytèmes d’information permet de prendre de nouveaux virages

Quel est votre rôle au sein de Media Planning Group (MPG) ?

Filiale du Groupe HAVAS, MPG France est une agence média globale et intégré, ayant l’expertise média et opérant dans les secteurs de la Grande Consommation, la Distribution, l’Automobile, les Services, les Télécoms, le Luxe, la Culture Média et le tourisme Loisirs. Tous les métiers média y sont traités (télévision, radio, presse, affichage et Internet). MPG France est un mandataire puissant, co-leader du marché français, et traitant plus de 3 milliards d’euros de volumes d’achat publicitaire. Rattaché au Président, je suis en charge de la modernisation des systèmes d’information et de l’intégration des expertises médias dans un système globale et cohérent.

Votre métier nécessite t’il des contrôles fréquents de vos systèmes d’information ?

Oui, on pourrait aussi appeler ces investigations « des audit de nos systèmes d’informations ». Il y a deux types d’interventions : l’audit qui consiste à vérifier un système d’information en ordre de fonctionnement et dont les objectifs sont souvent l’amélioration de la productivité de l’entreprise et la réduction des coûts informatiques, et, l’audit de « crise » qui intervient sur tout ou partie du système d’Information pour les projets en forte difficulté. Or dans notre secteur les modèles d’organisation et de systèmes d’information sont complexes et propres à chaque expertise métier. Des données des médias sont intégrées en permanence, les échanges EDI stratégiques. De plus, la restitution d’information en interne, ou vers les régies publicitaires et les clients est exigeante.

Comment réussir un audit des systèmes d’information ?

La première règle est « l’indépendance » de l’auditeur, il doit être placé sous la plus haute responsabilité pour réaliser une mission objective et doit avoir la connaissance et la compétence. La deuxième règle consiste à définir sans ambiguïté le but et les objectifs de l’audit. Commence alors la planification de l’audit. Il s’avère souvent essentiel de partir des contrats juridiques existants. Ils doivent définir le contexte, le contenu du projet, le référentiel, la gouvernance, la réception et les garanties. Il faut toujours s’attacher à la gouvernance, notamment en audit dit « de crise », car les obligations du client et du fournisseur sont fréquemment source de conflits. Les éléments de l’audit seront probants, étayés, fiables afin de garantir une appréciation et une analyse adéquates. Il existe aussi des éléments plus difficiles à appréhender, ceux qui relèvent du comportement humain, et qui se traduisent par des phénomènes de rejets et de mauvaise communication. Au-delà de l’audit, il y a des hommes…. En tout état de cause, il doit ressortir clairement des stratégies et des scénarios associés à celles-ci. L’audit terminé, le travail commence car son suivi est essentiel.

Interview réalisée par Isabelle Pottier, avocat.

Parue dans la JTIT n°21/2003 p.10