Archive Interview – mai 2005 – Zapolski Linagora

Archive interview de mai 2005


Alexandre Zapolsky,
Président LINAGORA (*)

La « SS2L », un partenaire incontournable avant de se lancer dans le libre !

En quoi consiste exactement l’activité de votre société ?

L’INAGORA est une société de Services en Logiciels Libres (SS2L) qui assure des missions de conseil, d’intégration, de développement et d’assistance dans le domaine de Linux et des logiciels libres. Nous sommes en fait, un prestataire de services global dans ces domaines. Notre particularité est de s’être spécialisé sur les marchés d’industrialisation des solutions libres. Nous sommes à même de les amener à un niveau de production équivalent à celui des solutions propriétaires. L’industrialisation est pour nous la seule réponse qui permette de tirer pleinement partie du Logiciel libre quand il s’agit de déployer une solution à grande échelle. Cette capacité à mettre massivement en œuvre des solutions libres passe par des offres de services un peu particulières comme la tierce maintenance logiciel libre (TM2L). Ces offres garantissent aux clients un service continu avec engagement de résultat tout en respectant les principes de développements de l’informatique libre. Nous prenons les engagements portés précédemment par les éditeurs dans le domaine des logiciels propriétaires. Les clients viennent ainsi chercher chez nous ce qu’ils sollicitaient précédemment des éditeurs : compétence technique pointue, capacité d’avant vente, et, une fois la solution construite et déployée, l’engagement en terme de support et de maintenance.

A votre avis quels sont les avantages à en attendre pour les entreprises et administrations ?

Principalement, l’indépendance, l’interopérabilité et la maîtrise des coûts (avant même leur réduction). Le choix du logiciel libre favorise une indépendance technologique vis-à-vis des fournisseurs d’outils informatiques majoritairement anglo-saxons. Il permet aussi une interopérabilité plus grande. Les logiciels libres sont développés par des communautés dont le but est d’implémenter le mieux possible les normes et standards. Contrairement, aux éditeurs, ces communautés n’ont aucun intérêt de ces normes. La disponibilité des «sources», modifiables, offre aussi une plus grande garantie d’adaptabilité des produits aux besoins des entreprises. Enfin, en ce qui concerne la maîtrise des coûts, il faut préciser qu’à l’opposé des logiciels propriétaires, aucune raison économique n’oblige à faire des «up grade» de versions. Les applications bureautiques des agences de grands groupes bancaires ou d’assurances n’ont pas besoin d’évoluer tous les 2 ou 3 ans, le métier changeant peu. On comprend alors tout l’intérêt d’utiliser une bureautique libre et d’éviter notamment des perpétuelles migrations. Au-delà de la maîtrise des coûts, le Libre permet aussi de réelles économies. Lors d’une utilisation massive du libre dans le cadres de projets d’industrialisation, il n’est pas rare, que le fameux CTO soit diminué de 30 à 40 %. Nous avons des retours d’expériences de grandes administrations ou de grand compte qui peuvent en témoigner.

Qu’avez-vous à dire aux entreprises qui ont encore des réticences ?

D’abord, qu’il ne faut pas avoir peur ! Aujourd’hui certains des plus gros systèmes du monde tournent sur des infrastructures constituées de logiciels libres comme celui du Nasdaq ou ceux des plus grands sites Internet mondiaux comme Yahoo, Google ou eBay. Encore un exemple ? La plus grande place de marché public en Europe, le portail iXarm.com du ministère de la Défense est développé avec du Libre. Actuellement, il y a environ 200 SS2L dont la plupart sont nées entre 2002 et 2004. L’offre de services est certes encore insuffisante, mais elle est surtout mal connue, faute d’organisation. C’est pourquoi nous avons créée l’Association des Société de Services en Logiciels Libres (ASS2L) (**) qui a, entre autre, pour vocation d’être une fédération professionnelle regroupant tous les acteurs du secteurs afin de promouvoir le marché du Libre. Elle a également pour ambition de «labelliser» les sociétés pouvant prétendre au titre «SS2L», autant d’éléments qui sont de nature à rassurer les entreprises.

(*) http://www.linagora.com/

(**) http://www.ass2l.org



interview réalisée par Isabelle Pottier

Paru dans la JTIT n°40/2005 p.10