La 5G technologie de rupture ou simple nouveau réseau ?

5G technologie de rupture

La 5G technologie de rupture ou évolution ? La 5G est une technologie adaptable aux besoins futurs en très haut débit.

La 5G ne doit pas être vue comme une nouvelle couche technologique, permettant l’augmentation des débits des réseaux mobiles, comme l’ont été la 3G, la 4G et les technologies intermédiaires entre ces deux jalons du passage du haut débit vers le très haut débit mobile.

La 5G technologie de rupture selon un rapport de l’Arcep

Il ressort, en effet, d’un rapport publié par l’Arcep, fin mars 2017 (1), que la 5G marquera aussi une rupture des technologies qu’elle embarquera pour optimiser la gestion, par exemple, de caractéristiques techniques telles que la latence, le débit, l’efficacité spectacle ou la capacité du réseau.

Ainsi, alors que les réseaux 4G sont paramétrés pour accueillir, de manière relativement uniforme, tous les clients et tous les usages, afin de leur offrir, en moyenne, un niveau de de service de bonne qualité, les réseaux 5G pourront adapter leurs performances pour tenir compte des usages et des besoins des acteurs concernés.

Les besoins de communication, en termes de débit ou de bande passante, de deux machines communicantes, n’ont, en effet, rien à voir avec ceux d’un fournisseur de service de vidéo à la demande en 4K ou plus.

La 5G technologie de rupture indispensable aux nouveaux besoins

Il en est de même des besoins, par exemple, de la télémédecine, qui exige des bandes passantes importantes, dans le cadre des applications d’imagerie médicale, mais aussi une latence très faible du réseau lorsqu’il s’agira de réaliser des opérations chirurgicales à distance pour lesquelles la quasi instantanéité du transfert du signal sera nécessaire.

Les voitures connectées ont, elles aussi, leurs propres besoins et leurs propres contraintes, selon qu’il s’agira d’applications embarquées relatives à la sécurité de la circulation routière ou d’applications de géolocalisation, les premières n’ayant pas les mêmes prérequis que les secondes.

C’est pourquoi l’Arcep présente la 5G comme un « enabler de la numérisation de la société et de l’économie » et comme une « technologie polymorphe, voire protéiforme, capable de s’adapter à tous les usages jusqu’aux plus exigeants ».

La 5G technologie de rupture pour le développement des usages futurs

Cette évolution profonde de la conception même de la technologie, est évidemment clé pour le développement des usages futurs et, notamment, de ceux que permettent les objets connectés, gros consommateurs de ressources rares.

La rationalisation de l’usage de ces ressources, et leur allocation raisonnée et raisonnable, est donc clé pour pouvoir satisfaire à une demande en croissance exponentielle, reflet du développement économique des sociétés et des Etats.

La normalisation de la 5G est, en conséquence, un sujet naturellement inscrit dans la road map de l’UIT et les premiers essais de certaines des briques technologiques concernées ont commencé, l’idée étant qu’il n’y ait pas un « grand soir » ou un « big bang » du passage de la 4G vers la 5G, mais plutôt une continuité et une fluidité des évolutions, au travers de nouvelles versions successives.

La 5G technologie de rupture pour quel usage ?

Trois grandes familles d’usages ont été identifiées à ce jour pour servir de piliers à ces évolutions :

  • d’une part, ceux relatifs à l’internet des objets (Massive Machine Type Communications ou mMTC), pour lesuqles il est nécessaire de disposer d’une couverture étendue, mais qui n’ont besoin que de débits relativement restreints et se satisfont de ressources modestes en énergie ;
  • d’autre part, ceux dédiés à la vidéo de très haute définition ou d’applications de réalité augmentée (Enhanced Mobile Broadband ou eMBB) ;
  • et enfin, ceux pour lesquels les applications nécessitent une très forte réactivité (Ultra-reliable and Low latency Communications ou uRLLC).

Au soutien de ces familles d’usage, des briques technologiques sont en cours de développement, voire en cours d’expérimentation, qu’il s’agisse de celles relatives à l’accès radio, ou de celles concernant l’architecture des réseaux.

Ces réflexions, études préalables, expérimentations, sont soutenues par des initiatives, parfois privées, mais aussi publiques, comme celle prise par la commission européenne au travers du partenariat public-privé européen que nous avons déjà eu l’occasion de présenter (2).

La 5G technologie de rupture et les ressources spectrales

S’agissant, enfin, des ressources spectrales, ressources rares s’il en est, la 5G promet une meilleure harmonisation de l’usage des fréquences, notamment parce qu’elle autorise la mise en œuvre de fréquences à la fois basses et hautes, voire très hautes (supérieures à 6 GHz), qui n’avaient jusqu’à présent jamais été utilisées pour des besoins grand public et intéressaient plutôt les acteurs satellitaires.

L’introduction de la 5G en France conduira très vraisemblablement à de nouvelles modifications de la réglementation sectorielle : affectation de nouvelles bandes de fréquences, redéfinition de la politique de « points hauts », nouvelle taxation des fréquences, règles de collecte et de couverture du territoire à réviser, sans oublier le serpent de mer de la problématique de la neutralité de l’internet qui risque de se réveiller.

Frédéric Forster
Lexing Télécoms et Droit

(1) Arcep, Les enjeux de la 5G, mars 2017.

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