Réponse aux opposants à la création d’une « personnalité électronique »

personnalité électronique« Cette lettre ouverte est une bonne chose », s’enthousiasme l’avocat Alain Bensoussan , favorable à la  « personnalité électronique » et l’un des instigateurs de la notion.  « Ça met du mouvement, de la contradiction, et quelque chose pourra émerger de la contradiction ».

La création d’une « personnalité électronique » fait débat

Pour lui, il faudrait dans un premier temps définir une certification du robot. Une fois la machine aux normes européennes, elle pourrait se voir attribuer une responsabilité sur le modèle de la « personnalité morale ». Et si l’algorithme n’est pas conforme, « il y aura toujours au moins deux personnes derrière : celle qui a codé et celle qui a décidé de mettre le robot en circulation ».

Alain Bensoussan souligne que des machines détectent aujourd’hui mieux certaines pathologies que des médecins. Il met aussi en avant la possibilité que la voiture autonome soit moins accidentogène que l’humain : « Je comprends la potentielle victime du robot, mais est-ce que ça veut dire quelque chose s’il y a condamnation pénale alors que je baisse au maximum le risque d’accident ? Dans le cas d’un accident avec une voiture autonome, je ne suis pas sûr que l’humain l’aurait vu venir ».

La  « personnalité électronique » vise, au contraire, à aligner cet acteur social en devenir sur ses capacités réelles

La création, à terme, d’une personnalité juridique spécifique aux robots divise les chercheurs et scientifiques, et certains pensent que ce serait une voie « inappropriée et dangereuse », évoquant le fait que la personnalité juridique d’un robot ne peut dériver du modèle conçu pour les personnes physiques, puisque le robot bénéficierait alors de droits humains, tels que le droit à la dignité, le droit à son intégrité, le droit à indemnisation ou encore le droit à la citoyenneté, en affrontement direct avec les droits de l’Homme.

En réalité, la personnalité robot – qui ne vise aucunement à faire de la machine intelligente l’égal de l’homme ni à le concurrencer sur le plan symbolique – peut servir à sortir par le haut d’une fausse alternative, à savoir celle de concevoir l’entité robotisée dotée d’autonomie soit comme une machine en mieux ou un être humain en moins bien ; la personnalité robot vise, au contraire, à aligner cet acteur social en devenir sur ses capacités réelles et son rôle social, sans dégradation ni fantasme.

Isabelle Pottier
Directrice Études et Publications

Alain Bensoussan interviewé par Rémy Demichelis, « Une lettre ouverte pour refuser la « responsabilité juridique » des robots », Les Echos.fr du 17 avril 2018.

 

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