La voiture volante est-elle un mythe ou une réalité en 2017?

La voiture volante est-elle un mythe ou une réalité en 2017?Vous en avez assez des bouchons. Prenez votre voiture volante pour vous déplacer hors agglomération et en périurbain.

 La voiture volante n’est pas un véhicule classique et ne restera probablement pas un rêve anachronique. Le concept même de voiture volante était présent dès le début du 20e siècle.

Pour le cinéma ou dans la littérature, la voiture volante est déjà une réalité de fiction.

Depuis 2016, la voiture volante n’est pas qu’un concept.

La voitures volante en 2017

L’origine de la voiture volante remonte au moins aux années 1920, avec l’avion-automobile de René Tampier en 1921. Sur le plan technique, concevoir un véhicule roulant capable de voler est contradictoire. Un avion (aéronef) doit être léger et puissant pour permettre le décollage, une voiture est au contraire relativement lourde, afin d’offrir du confort et répondre aux exigences de sécurité.

Plusieurs prototypes représentent, dans un avenir très proche, ce que seront les voitures volantes.

Le premier obstacle au développement de la voiture-volante est la certification. Les démonstrateurs ou concepts de voiture volante sont nombreux :

  • l’Aeromobil 3.0, qui est capable de voler à 200 km/h et de parcourir 700 kilomètres. Elle est composée d’un moteur Rotex et d’ailes modulables en matériaux composite (1) ;
  • la Transition de TerraFugia : véhicule hybride entre la voiture et l’avion. Elle est composée d’ailes repliables, qui lui permettent de voler jusqu’à 160 kilomètres à l’heure. Une fois que les ailes sont repliées, le véhicule peut être utilisé sur une route (2) ;
  • le TF-X de Terrafugia, véhicule capable de décoller et d’atterrir à la verticale grâce à des propulseurs électriques, et entièrement contrôlés par un ordinateur (3) ;
  • la Pal V-One : davantage un hélicoptère capable de voler jusqu’à 4000 pieds d’altitude, permettant un décollage vertical dans un court rayon et pouvant rouler sur la route.

Uber réfléchit encore sur les opportunités, malgré son livre blanc sur le projet Elevate. La société néerlandaise Pal-V vient de lancer les précommandes de ses deux premiers modèles (le Liberty Pioneer et le Liberty Sport) (4).

Ces deux modèles ont été certifiés par l’EASA (European Aviation Safety Agency) pour l’Europe et la FAA (Federal Aviation Administration) pour les Etats-Unis. N’oublions pas le chinois, qui a dévoilé son concept mi drone mi voiture, EHANG 184. Ce futur objet volant taxi qui sera lancé à Dubai dès juillet 2017.

Le Pal-V Liberty sera capable de transporter deux passagers et 20kg de bagages. Les livraisons sont attendues pour la fin de l’année 2018.

Le cofondateur de Google, Larry Page, développe également un véhicule à décollage verticale, par le biais de son entreprise Zee.Aero.

Enfin, Airbus, via sa division Urban Air Mobility, a dévoilé récemment son concept Pop.UP. Pop.Up, connecté à une plateforme d’intelligence artificielle, devrait être capable de proposer un trajet et de l’optimiser en fonction de contraintes (météo, coût de déplacement). Par l’intermédiaire de sa filiale Vahana, Airbus a également conçu un avion-taxi, qui pourra être commandé à partir d’un smartphone.

Utilisation de l’espace aérien

Le second obstacle à la généralisation de la voiture-volante, lorsque les briques auront atteint une maturité technologique, reste la législation restrictive sur la circulation aérienne.

Pour pouvoir utiliser votre voiture volante, il sera nécessaire de vous conformer au Code de la route, lorsque la voiture-volante roulera sur l’espace public, et aux règles d’utilisation de l’espace aérien. A l’exception de quelques très rares exceptions, il est interdit de survoler la ville.

La voiture volante, plus onéreuse, ne sera pas nécessairement proposée à un prix plus compétitif qu’un petit avion. Avec l’automatisation de la production et si la réglementation n’est pas un obstacle, les coûts pourraient rapidement décroître.

L’utilisation d’une voiture volante soulève de nombreuses questions : infrastructures de circulation, homologation et qualification nécessaires, survol des zones habitées.

Les conditions d’insertion dans l’espace aérien de tels objets volants est un vrai défi, à côté des drones et des autres aéronefs.

Les voitures volantes représentent une avancée dans l’évolution du transport de personnes. Elles répondent à un vrai besoin :

  • pour faire face à l’explosion du trafic de la circulation inter-villes, en constante augmentation ;
  • pour répondre aux besoins de transport en co sharing, afin de réduire les gaz à effet de serre.

Les industriels des filières du drone civil les plus avancées se heurtent déjà à de nombreux obstacles réglementaires en matière de livraison d’objets. Airbus semble considérer qu’un délai de dix ans sera nécessair pourque la voiture-volante soit parfaitement intégrée dans l’espace aérien et sur l’espace routier. Sauf pour la voiture-volante, conçue comme un aérodyne à voilure tournante, le développement de la voiture-volante pourrait également impliquer la création de nouvelles infrastructures parfaitement adaptées pour ce type d’objet roulant et volant.

Didier Gazagne
Audrey Jouhanet
Lexing Droit Sécurité & Défense

(1) AeroMobil 3.0
(2) Transition de Terrafugia
(3) TF-X de Terrafugia
(4) Liberty Pioneer et Liberty Sport de PAL-V

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